Ce que les restaurants fréquentés par les célébrités disent de Paris... Et d'elles-mêmes.
À Paris, la géographie des restos fréquentés par les stars internationales n’a plus grand-chose à voir avec l’époque où elles se retrouvaient dans les sempiternelles mêmes adresses, tantôt chic, tantôt tape-à-l’œil. Désormais, elle raconte une ville fragmentée dans laquelle les stars se retrouvent dispersées entre le Triangle d’or, Saint-Germain-des-Près, le Marais et – plus récemment – l’Est parisien.
Cette nouvelle ère se polarise autour de trois typologies de lieux :
Les restaurants pour être vu, où l’enjeu n’est pas tant de dîner, mais d’être vu en train de dîner.
Les adresses pour se cacher, où l’on vient chercher la discrétion, le silence et à se fondre dans le décor.
Les tables prescriptives, portées sur l’assiette, où les célébrités ne viennent pas pour se faire remarquer mais pour se faire surprendre.
Puisque tout a changé, j’ai essayé de cartographier ce nouveau Paris culinaire des stars, en m’inspirant librement des meilleurs dans ce genre d’exercice : Jean-Laurent Cassely et Constance Dovergne.
Le graphique en HD ici
Pendant longtemps, tout reposait sur une équation simple où les palaces, les grandes brasseries et les institutions historiques s’imposaient comme des passages obligés pour les célébrités. Mais la logique a changé, et les restaurants les plus influents aujourd’hui ne sont pas forcément les plus visibles. Ainsi, il n’y a plus, ou presque, de place-to-be, comme autrefois.
Ce qui fait la désirabilité d’un lieu dépend désormais de l’expérience que l’on souhaite y trouver. Et lorsque la mécanique se renverse, ce n’est qu’éphémère. Lors des Fashion Week, les restos du Triangle d’or redeviennent désirables… avant d’être esquivés de nouveau aussitôt les défilés terminés.
Ce qui se dessine aujourd’hui est moins une liste de restaurants qu’une cartographie de comportements. Entre exposition, discrétion et appartenance culturelle, les célébrités n’utilisent plus Paris de la même manière. Et les restaurants, eux, deviennent autant des marqueurs de positionnement que des références culinaires.
CE QUE J’AI AIMÉ RÉCEMMENT | Ma première vidéo YouTube qui arrive bientôt (abonnez-vous ici !). L’anniversaire de Brutos avec l’équipe de Mon Lapin. Une série qui fait du bien. Le clip de l’année ? Le retour du dildonut du chef Valentin Raffali au Bus Palladium. Un kouign-amann bien fichu à Rennes. Des vieux et jolis menus de restos. Ousmane Dembélé en terrasse de resto à Paris. Une private joke. Steve Carell qui aime la poutine. Rallumer ma télé pour voir un ami passer sur Questions pour un Champion, le jour… Et, la nuit, pour voir les Canadiens de Montréal jouer au hockey pour l’Histoire.
Le nouveau cool parisien ne se joue plus sous les flashs, mais à l’abri des regards. Aujourd’hui, même les stars préfèrent se fondre dans le décor, en glissant leurs réservations dans des lieux plus discrets, presque secrets. Ici, pas de tapis rouge, ni de voiturier. Juste des salles pleines d’habitués et une cuisine qui parle d’elle-même. Des tables que l’on se murmure à l’oreille, que l’on garde jalousement, connues des locaux et des vrais connoisseurs.
Pour illustrer l’émergence de ce néo-Paris des stars, où l’adresse compte plus que l’image et où l’assiette redevient (enfin) le centre de gravité : on pense forcément à Dua Lipa, qui a pris l’habitude de venir s’attabler dans les tables parisiennes où règne le cool (Bistrot des Tournelles, Casa Pregonda, Le Servan, Early June, Clamato, Racines, Double Dragon…). On pense aussi à Rosalía, que l’on a pu voir valider les croissants de Mamiche, boire un café à Cortado, ou chez Folderol pour fêter son anniversaire autour de glaces et de vins naturels.
Évidemment, cette émancipation culinaire des célébrités a ses limites. Il y a quelques semaines, Dua Lipa et Callum Turner avaient dû affronter des paparazzis trop insistants à leur sortie d’un restaurant parisien. Le glacier-caviste Folderol, lui, avait été pris d’assaut à la suite de nombreux posts viraux sur Internet, forçant l’établissement à placarder un message sur la devanture : “NO TIKTOK ! Venez ici pour vous amuser, pas pour prendre des photos”.
Cette quête du cool chez les célébrités pose aussi des questions très concrètes, notamment sur la tension d’une (sur)médiatisation soudaine imposée à des restaurants pas toujours habitués à tant de lumière. Et aussi, plus trivialement, sur la clientèle locale qui observe, impuissante, ses adresses secrètes préférées sortir de la confidence et devenir des objets de convoitise mainstream.
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